Vie mouvante d'une vallée sombre

 

 

Les courants sombres de la rivière

Coulants d'ombres et de lumière

Traversent la vallée profonde

Creusée depuis des siècles par l'onde

De la rivière ruisselante de beauté

Parée de ses atouts, luisante de volupté.

 

Le pêcheur est debout dans son lit

Il rêve d'éclaboussures de vie

Il admire, hume et s'imprègne

Des éléments, de la Nature, de son règne

 

La mousse et les rochers

Les chênes et les bosquets

Les larves et les poissons

Les faons, les papillons

Sont ses amis d'un soir

Sous l'astre de l'espoir 

 

 

 

  

02

06 2008

Une simple capture

La flèche de bronze sertie de rubis a fusé

Sur ma cible de plumes elle s'est de suite plantée

De ces courants huileux ma soie s'est arrachée

Dans ma main gauche, sa robe lisse et cuivrée

Piquetée de points vifs, toutes nageoires hérissées

Mon étreinte ephémère fut suivie d'un baiser

A la belle de rivière, reine des salmonidés

Toute vive et sans rancune, elle s'en est vite allé

Retrouver ses amies, et puis sa liberté.

 

01

06 2008

Volatiles et vapeurs

Le chant du rossignol tinte dans le matin clair

D'un hêtre dégringolent les coups sourds du pic vert

Les cris du geai peureux résonnent dans le bois sombre

Au loin dans le ciel bleu, des hirondelles en nombre

 

L'échappement des bagnoles noircissent ce matin triste

Les fumées virevoltent et cachent les cyclistes

Ces derniers toussent et crachent les rejets polluants

Des ouragans de fer abrutis par le temps. 

 

 

 

 

 

30

05 2008

Autour d'un feu

Dans la nuit fraîche d'un début d'été, un feu de joie danse au bord du cours d'eau.
Ses flammes virevoltent en crépitant, elles frémissent et s'élèvent vers les étoiles.
Au milieu de la vallée du Doubs, au bord de celui-ci, la lueur palpitante du brasier se reflète dans les prunelles fatiguées de deux pêcheurs à la mouche sèche assis en tailleur.
Leur sommaire campement sauvage consiste en deux simples sacs de couchage étalés de par et d'autre du foyer.
Sur une grille à double battant, deux côtes d'agneau grésillent et sifflent en laissant échapper de suaves odeurs.
Après une excellente journée de pêche sur ce splendide cours d'eau, les deux amis discutent et chantent, parfois faux, parfois à tue-tête, leur bonheur d'être en ce lieu.
La nature, les arbres qui frémissent, les flammes qui tournoient, l'agneau qui cuit et le vin qui désaltère leur procure un bonheur simple et intense.
Entre deux rires, dans le silence nocturne, les bruits de la nuit retentissent parfois.
Dans leurs têtes, les images des poissons qu'ils ont leurrés dans la journée se bousculent.
L'agneau est cuit. Leurs doigts en guise d'assiette, ils savourent et dévorent à belles dents cette délicieuse viande ovine.
Leurs habits sales de pêcheurs s'impreignent de l'odeur caractéristique du feu de bois, la bonne, la vraie, l'entêtante.
Dans un futur proche, leurs rêves seront peuplés de gobages bruyants ou discrets, et lorsqu'ils fermeront les yeux, leur visage caressé par le vent frais de la nuit noire, ils lanceront encore leur soie dans cette veine d'eau prometteuse sur laquelle ils contrôleront la dérive de leur bas de ligne en espérant un remous superbe et bruyant sur leurs imitations de plumes.
 
 

25

05 2008

Rêves de Loue, rêves de loups

Oh, Loue, ton onde et tes ombres me hantent

Loups, je veux un jour vous apercevoir

Oh, Loue, tu m'enchante, je vais te pêcher bientôt

Loups, soyez prêts à me rencontrer un soir

Ou au petit matin très tôt

La rivière et la meute, sont telles des mythes sacrés

Les voir un jour pour moi, sera la panacée

Elles courent toutes deux, libres et sauvages

Dans les abîmes vallées profondes des paysages

Somptueux de verdure, et d'eau, et puis de vie.

Et lorsque je verrai, même une infime partie

De ce courant lisse ou de, ces yeux malicieux

Le frisson de plaisir, qui courera promis

Sur mon corps engourdi, sera délicieux. 

 

Continuez de gambader, Loue et loups

Sur votre territoire, à tout jamais sacré

Et lorsque tout à coup, on se croisera vite

J'éspère par dessus tout, que vous revêtirez

Vos plus jolis atouts, afin que je vous cite

A nouveau dans un texte, empreint de joie d'avoir

Pu apprécier vos vives, et somptueuses couleurs. 

 

 

22

05 2008

La mouche et la plume

La pêche à la mouche a ceci d'amusant qu'elle peut être comparé à l'ecriture.

Nous lisons l'eau, et décrivons des L majuscules avec nos soies. Nos mouches sont faites de plumes, et leur choix est aussi capital que celui d'un adjectif précis.

La dérive est l'intrigue, le coup de théâtre est l'accrochage, l'épilogue le gobage. Il nous arrive de mettre notre ballade en ballade. Nous digressons de notre pêche lorsque nous contemplons les oiseaux et les fleurs.

Est-ce la rivière ou la truite, notre personnage principal ?

En tous cas, la fable d'une belle prise hante nos mémoires. Le mythe du monstre est toujours présent à chaque poste. L'imbroglio des sentiments que nous ressentons lorsqu'on écrit notre L en l'air, les péripéties et les scènes que nous vivons sur l'onde sont autant d'ingrédients qui alimentent notre philosophie personnelle.

Dans le théâtre rivulaire, les figures et le tempo de nos lancers rythme la partie de pêche.

Une capture romanesque peut être peut être résumée de façon réaliste ou métaphorique.

Au niveau ponctuation… Le ? surgit lorsque ça ne mord pas. Au contraire, le ! nous bouscule lors de la vision d'un gros poisson. L'empreinte de nos pas dans la boue sont autant de virgules. Si on court trop vite, on a des points de côté et il faut la suspendre. Ce sont les points de suspension… (bon elle est un peu capillo-tractée celle-là !)

Et même si il nous arrive de faire autre chose (heureusement d'ailleurs), on pratiquera toujours le retour à la ligne.

19

05 2008

Larmes astrales

L'astre diurne pleure des larmes d'or

Triste de la fin du jour, de sa mort

Lentement il s'en va, puis disparaît

Il n'illumine plus la terre de ses rais

La place est laissée au disque blanc

Qui veille et s'accroche au firmament

La toile du ciel bleu nuit est mouchetée

D'une poussière d'étoiles semées

L'encrier nocturne, en se renversant

Inonde d'ombre les derniers moments

D'un jour à l'agonie, mourant.

05

05 2008

Le moulin noir, lieu de mes débuts à la mouche.

Aujourd'hui, je vous épargne un nouveau texte… Je voudrai vous présenter le lieu de mes débuts à la mouche, un endroit chargé d'histoire pour moi puisque c'est là-bas que j'ai appris à lancer, à lire le courant, à effectuer une dérive correcte, bref, à pêcher à la mouche…

Le moulin noir, c'est mon coin.

Le moulin noir est le seul coin "potable" autour de Nancy pour pêcher à la mouche. Même si les courants d'une eau pas propre courent sur des pierres recouvertes de mousse verdâtre et glissante, le cadre est relativement sympa.

 

On y pêche avec Nico en été

Ou en automne (les photos sont prises quasi au même endroit)

Mais les gros chevesnes du moulin noir sont surtout actifs en Mai et Juin. La taille de ses poissons est souvent conséquente :

Avec parfois des coups du soir avec de belles éclosions, malgré la qualité déplorable de cette eau qui coule qu'on appelle la Meurthe.

Le bonheur est parfois aussi simple qu'un bon coup du soir au chevesne avec un ami…

Ils ne faut pas croire que ces gros poissons soient faciles à duper. Ils prennent souvent l'imitation du bout des lèvres. Moulin noir, palmer noir, croyez moi !

 

Le moulin noir est un p'ti coin

Près de chez moi, pas loin

Les eaux de mes débuts

Courent salement, éperdues

Le moulin noir, j'aime y retourner

Pour y pêcher, pour y rêver.

 

03

05 2008

Blabla bileux (attention c'est insipide)

Bill cambriole des babioles.

Ladi de Dali, ou de Bali, j'ai oublié, caissière du Aldi d'Albi, avait des alibis pour Bill.

Elle bilait souvent en balayant pour son Bill sans bol.

Blablatant, bralante et bêlante, belle, elle abbatait un brelan contre le bête abbé ballant, balloté par un bal lassant.

Bill, lui, luit dans la nuit et nuit à Ladi quand, épuisé, plissant ses paupières austères de cerf, ils polissent leurs palets pas laids de palais pâles et plats sur de blanches planches.

Ayant un penchant chantant pour peindre à la chaux, la bêche, la pêche, les pins et les pimbêches, magnifiques et magnétiques, Bill et Ladi aimantaient et mentaient à l'aide au démantelement de mantes mâles malades de salade et de marmelade.

Un mutant en rut histute imitant une mine de hutte, mine de rien, c'eut été minable.

Boby Lapointe sort de mon corps pas mort !

28

04 2008

A la naissance du jour

La nuit fuyante laisse un halo lissé de lumière diffuse et les bruits s'estompent, happés par la vapeur du matin. Tout est brouillé à cette heure où le jour se lève. Les feuilles tombantes de rosée ne bruissent pas. La calme absorption de mon poids par la mousse mouvante gorgée d'eau ajoute une touche de mystère à ce matin blême. Le silence qui pèse dans la vallée est splendide et effrayant. On peut observer le silence, il suffit de le regarder profondément. On peut aussi avoir peur du silence, il suffit, dans un tel endroit, de l'écouter aussi intensement qu'on l'a admiré. Il pèse sur les éléments et les écrase de son poids gigantesque. Dans les abysses de mes pensées remuent des sentiments archaïques.

La forêt sombre veille sur la rivière en bas, invisible.

Les animaux semblent absents. Le paysage est mort de brume. Des visions mystiques me hantent à chaque pas. Les imposants sapins mangent l'espace, les fougères cachent des trésors empoisonnés, le ruisseau est un serpent de cristal. La vision furtive d'un mouvement rendu irréel par la brume de l'aube me glace. Le chemin d'habitude si familier est glissant, piquant et froid, seul, vert de gris. Les souches sont des fantômes qui apparaissent au détour d'un virage, les branches mortes et crochues qui s'agrippent aux nuages sont les bras d'un bois qui m'enserre. Un bref cri me fait sursauter comme un enfant. Tout m'entoure. L'odeur de l'humus est gorgée de vapeur. Mes cinq sens sont en éveil, et mon âme galope sur les plaines de la solitude, dans les steppes de l'anxiété, vers la toundra de la paranoïa.

 

Mais soudain, le roi d'or offre quelques degrés de plus qui grignotent l'ombre et les effluves de la nuit. Le brouillard fond et le chemin se révèle. Les conifères naguère menaçants m'ouvrent leurs branches douces, les fougères se colorent lentement d'un vert pastel. Progressivement, la brume disparaît dans les profondeurs de la forêt. Les oiseaux de jour remplacent leurs prédécesseurs lugubres, la rivière se découvre enfin, son eau claire tombe et cascade sur les rochers moussus et mouillés, reluisants. Les rayons salvateurs délivrent l'endroit de son énigmatique obscurité saturée d'air aqueux. Les feuilles se redressent alors et le bal du jour peut s'ouvrir. Il commence avec la sarabande des bergeronnettes qui suit la valse des premières éclosions d'insectes aquatiques. L'aboiement rauque d'un chevreuil proche ne me surprend pas. Je connais ce bruit qui ricoche sur les parois de la vallée boisée. Les coucous et les merles débute leur mélodieuse journée.

 

Faut que je vous laisse, j'ai vu un gobage…

22

04 2008