La Basse Moselle en automne

        Vous l'avez compris, la Moselle est la meilleure rivière qui coule à proximité de chez moi. Au bout de trois quarts d'heure de route, depuis Nancy, on traverse quelques villages lorrains et on arrive sur ce genre de poste. La préparation du materiel est minutieuse, il ne faut rien oublier et bien se couvrir pour ne pas avoir froid. Ce jour là j'avais monté la canne à brochet avec un gros streamer au cas où mais les quelques dérives que j'ai pu faire n'ont pas été sanctionnées par une touche lourde et un démarrage fulgurant… C'est aussi l'occasion de pêcher avec ma nouvelle canne, une SAGE, mon rêve de débutant à la mouche… Merci à gobages.com de m'avoir permis de rencontrer mon bienfaiteur (il se reconnaîtra) qui m'a vendu cette merveille à un prix carrément cool. 

 

 

       La rivière est sauvage et rien ne vient troubler son inexorable descente vers le Nord. Les veines d'eau se divisent et se recoupent sans cesse, formant des îles plus ou moins grandes sur lesquelles on s'attend presque à rencontrer un grizzly…

 

        Lisses, courants, radiers et grands pools se succèdent et offrent autant de postes à prospecter pour le pêcheur à la mouche que je suis. Le bleu du ciel s'accentue dans l'onde de la rivière qui dévale. L'hiver est là, et la végétation perd de sa splendeur automnale pour se ternir peu à peu et ainsi affronter les premiers froids mordants de la morte saison.

 


 

       Sur notre lisse préféré, un banc d'ombre nous attend et gobe sporadiquement, selon l'éclosion du moment. Ces diables connaissent la musique, et les faire monter necessite précision, finesse et discrétion. Mon appareil numérique capte la lueur terne d'une scène de pêche, le Nico avancant à pas feutrés dans le lit glissant de la Moselle, laissant derrière lui une trainée de remous scintillants.

 

 

       Parfois notre patience est récompensée et un poisson daigne se faire berner par mes imitations de mouche. Les gros sujets sont plutôt rares, la taille moyenne des ombres qu'on attrape est d'environ trente centimètres. Néanmoins j'ai déjà pris quelques spécimens de quarante centimètres en sèche et mon ami Stan en prend régulièrement en nymphe.

 

 

         La rive droite de notre lisse préféré est balayée par un courant profond et la berge abrupte et encombrée d'arbustes est assez inaccessible. De nombreux gobages peuvent être observés, provoqués pour la plupart par de gros chevesnes… Mais certains autres plus caractéristiques sont le fait de gros ombres, j'en suis sûr. Un jour, je quitterai le gilet de pêche pour m'enfoncer dans l'eau le plus loin possible et je tenterai de croquer dans les fruits appétissants de ces gros poissons difficiles.

 

        Lorsqu'on crapahute vers l'amont dans un champ de hautes herbes et de trous grands comme un homme, on tombe sur un spectacle magnifique. La rivière revêt alors une parure somptueuse. Les galets attrapent la faible chaleur du soleil et baignent dans l'eau claire. L'eau ondule et glisse telle un geste de peintre, souple et précis. 

 

        Des barbeaux batifolent dans les faibles profondeurs et s'en vont à
notre passage, dérangés dans leurs jeux aquatiques, en laissant
derrière eux une onde en V conséquente, ce qui alerte tous les poissons
du secteur…

 

        La Moselle est ici magnifique. C'est un réel bonheur de pouvoir pêcher l'ombre jusqu'à Noël dans des coins aussi splendides. Aucune trace humaine ne vient troubler l'harmonie du tableau, et, avec Stan pour délirer, on se dit souvent qu'on se croirait en Mongolie ou en Alaska. (Bon la taille et la fréquence des prises nous ramènent vite à la réalité ;o)).

 

        En redescendant quelques kilomètres plus bas, on arrive à notre deuxième lisse préféré. Les ombres y sont toujours gobeurs mais par contre ne sont pas gros. Sur cette photo, le niveau est quand même un peu haut mais la Moselle est encore pêchable à la mouche.  La rive droite est toujours hantée par de gros cyprins qui gobent tranquillement… Imprenables !

       Après avoir roulé presque une heure, monté le materiel, changé de mouche de nombreuses fois avec les doigts gours, marché en remontant la rivière, lutté contre le courant et le froid, notre plaisir est de prendre un poisson, d'abord avec une mouche, puis avec un appareil photo, pour le relâcher délicatement. Ici mon cher ami Nico avec une de ses prises.

 

        Pour finir, saluons le fait que l'ombre est en no-kill total sur la Basse Moselle, ce qui est quand même formidable pour la pérenité de l'espèce. Bravo à la fédération de pêche des Vosges pour cette mesure de protection. Longue vie aux ombres, aux courants de la Moselle, et à ses berges enchanteresses…

 

13 commentaires.

  1. Salut Bruno
    Je ne suis jamais allé sur le vieux Rhin, c'est une destination assez sympa apparemment, et pas si loin que ça.
    A voir pour cet automne.

  2. bravo j'adore ton blog j'ai aussi un blog mais pas aussi bien que tien un e demande et tu deja aller sur le vieux rhin pour la peche de l'ombre en autonne.a+ bruno

  3. Salut.
    Je prends note de l'invite pour ce printemps au moulin noir.
    Merci pour ta réponse et à bientôt.
    Romain.

  4. bonjour a tous je ne connaissais pas la moselle aussi belle en 2nd categorie et en plus poissonneuse de superbes ombres
    merci pour ces photos

  5. Salut Romain et merci pour ton compliment. Si tu parcours bien ce blog tu verra tous mes coins de pêche à la mouche, parfois pas trop précis mais le but n'est pas de donner les points gps des postes ni les accès et parking pour les voitures en donnant un plan de route détaillé. Contacte moi au printemps pour qu'on puisse se faire une sortie ensemble, notamment au moulin noir si tu est à Nancy tu ne le regrettera pas (regarde mon article ;o) ) Pour le meeting ça me trottait dans la tête depuis quelque temps, ça y est j'ai lancé l'idée sur gobages.com j'espère que ça se fera (c'est même les gars du sud qui ont répondus en premier !)
    A bientôt !

  6. Quelle bonne idée d'organiser un meeting entre lorrain.
    Enfin une rencontre possible pour une même passion.

  7. Bonjour.
    Pecheur depuis peu à la mouche.Je desespere de trouver de boins coins pour pêcher à la mouche prés de nancy.Merci de me donner quelques pistes car je suis limitte à ranger ma canne pour de bon.
    Pourtant le besoin de me retrouver aux bords de l'eau est bien là.
    Felicitation pour ce blog qui est de grande qualité.
    Romain.

  8. Salut,
    vraiment sympa ces photos! Idem pour moi, faut que j'aille y faire un tour… Il me semble qu'on avait déjà envisagé une sortie l'année dernière, faudrait absolument s'organiser ça entre “locaux”…
    a+
    seb

  9. On dirait vraiment des photos d'ailleur et l'ailleur est si près de chez moi, déjà plusieurs années que j'ai déserté cette belle contrée pour une autre plus proche qui me fait rêve et là tu mets de la nostagie dans mon coeur merci pour ces souvenirs telments présent, vite vite il faut vite que je m'y promène à nouveau.
    +thym

  10. Oui c'est une chance d'habiter pas trop loin de cette rivière belle et complexe. J'ai oublié de vous parler des odeurs des feux de sapin qui chauffent les maisons, fumet caractéristique des Vosges que j'adore par dessus tout… Venez les gars !!! …enfin pas tout de suite vu ce qu'il a plu ces derniers jours 🙁 …

  11. Salut François,tes coins on l'air bien sympathique et donne l'envie de lancer ses mouches.
    Bonne continuation.
    A plus fabien.

  12. Ayant passé 3 ans à Nancy j'ai eu la chance de pêcher la Moselle dans les conditions que tu décris. C'est une belle rivière, très vaste, sur laquelle on peut passer beaucoup de temps sans se lasser.
    La bise aux ombres d'Epinal 🙂

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