Blabla bileux (attention c'est insipide)

Bill cambriole des babioles.

Ladi de Dali, ou de Bali, j'ai oublié, caissière du Aldi d'Albi, avait des alibis pour Bill.

Elle bilait souvent en balayant pour son Bill sans bol.

Blablatant, bralante et bêlante, belle, elle abbatait un brelan contre le bête abbé ballant, balloté par un bal lassant.

Bill, lui, luit dans la nuit et nuit à Ladi quand, épuisé, plissant ses paupières austères de cerf, ils polissent leurs palets pas laids de palais pâles et plats sur de blanches planches.

Ayant un penchant chantant pour peindre à la chaux, la bêche, la pêche, les pins et les pimbêches, magnifiques et magnétiques, Bill et Ladi aimantaient et mentaient à l'aide au démantelement de mantes mâles malades de salade et de marmelade.

Un mutant en rut histute imitant une mine de hutte, mine de rien, c'eut été minable.

Boby Lapointe sort de mon corps pas mort !

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A la naissance du jour

La nuit fuyante laisse un halo lissé de lumière diffuse et les bruits s'estompent, happés par la vapeur du matin. Tout est brouillé à cette heure où le jour se lève. Les feuilles tombantes de rosée ne bruissent pas. La calme absorption de mon poids par la mousse mouvante gorgée d'eau ajoute une touche de mystère à ce matin blême. Le silence qui pèse dans la vallée est splendide et effrayant. On peut observer le silence, il suffit de le regarder profondément. On peut aussi avoir peur du silence, il suffit, dans un tel endroit, de l'écouter aussi intensement qu'on l'a admiré. Il pèse sur les éléments et les écrase de son poids gigantesque. Dans les abysses de mes pensées remuent des sentiments archaïques.

La forêt sombre veille sur la rivière en bas, invisible.

Les animaux semblent absents. Le paysage est mort de brume. Des visions mystiques me hantent à chaque pas. Les imposants sapins mangent l'espace, les fougères cachent des trésors empoisonnés, le ruisseau est un serpent de cristal. La vision furtive d'un mouvement rendu irréel par la brume de l'aube me glace. Le chemin d'habitude si familier est glissant, piquant et froid, seul, vert de gris. Les souches sont des fantômes qui apparaissent au détour d'un virage, les branches mortes et crochues qui s'agrippent aux nuages sont les bras d'un bois qui m'enserre. Un bref cri me fait sursauter comme un enfant. Tout m'entoure. L'odeur de l'humus est gorgée de vapeur. Mes cinq sens sont en éveil, et mon âme galope sur les plaines de la solitude, dans les steppes de l'anxiété, vers la toundra de la paranoïa.

 

Mais soudain, le roi d'or offre quelques degrés de plus qui grignotent l'ombre et les effluves de la nuit. Le brouillard fond et le chemin se révèle. Les conifères naguère menaçants m'ouvrent leurs branches douces, les fougères se colorent lentement d'un vert pastel. Progressivement, la brume disparaît dans les profondeurs de la forêt. Les oiseaux de jour remplacent leurs prédécesseurs lugubres, la rivière se découvre enfin, son eau claire tombe et cascade sur les rochers moussus et mouillés, reluisants. Les rayons salvateurs délivrent l'endroit de son énigmatique obscurité saturée d'air aqueux. Les feuilles se redressent alors et le bal du jour peut s'ouvrir. Il commence avec la sarabande des bergeronnettes qui suit la valse des premières éclosions d'insectes aquatiques. L'aboiement rauque d'un chevreuil proche ne me surprend pas. Je connais ce bruit qui ricoche sur les parois de la vallée boisée. Les coucous et les merles débute leur mélodieuse journée.

 

Faut que je vous laisse, j'ai vu un gobage…

Sur la piste des sangliers en forêt de Haye

La pluie qui tombe par intermittence sur la Lorraine ainsi que les niveau encore un peu haut des rivières n'incite pas vraiment à la pêche. Par contre, le printemps qui s'installe fait sortir les animaux sauvages de leur lethargie hivernale.

J'ai trouvé un coin de forêt qui abrite une population de sangliers conséquente. N'ayant quasiment jamais jamais vu cet animal autrement que dans dans une voiture la nuit au bord d'une route, je me mis en quête d'aller les surprendre sur leur territoire.

De nombreuses traces prouvent que ces animaux fréquentent le coin. Certaines bêtes, au vu de la taille de ces traces, doivent être particulièrement grosses… J'ai trouvé des traces déjà anciennes comme cell-ci :

Et d'autres très fraîches, probablement de la nuit ou de la veille :

Certaines sont des traces de cervidés.

On voit nettement les "coulées", qui sont des passages d'animaux dans la vegetation :

Quelques fleurs mettent un peu de couleur dans la forêt dont les arbres ont encore de la peine à laisser éclater leurs feuilles.

Les pervenches :

Les coucous :

Et enfin, au detour d'un sentier, je débusque une famille de sangliers. J'observe calmement le premier, une jeune laie bien en chair. Après un bref grognement, elle disparaît calmement pour laisser la place à un mâle énorme, dont je capture l'image grâce à une technique peu orthodoxe… J'ai pris la photo en ayant mis l'objectif de l'appareil derrière mes jumelles, ce qui donne, je vous l'accorde, un piètre résultat :

 

Un peu plus net :

Mes amis les sangliers, je vous dit à très bientôt, car je sais maintenant où vous vous cachez et je saurai surprendre votre intimité pour faire de plus belles photos, à l'affut, par exemple.

S'tartine day

Les notes électroniques de mon
portable sonnent à mes oreilles endormies

Elles m'arrachent d'un sommeil
heureux dans mon bon et doux lit

Mon bras, d'un geste inconscient,
rejette l'enveloppe qui me drapait

Une bipédie hésitante et nouvelle attaque
le sol moquetté

De l'eau fraîche de vie coule sur
mon visage bouffi et pâle

Un bon café achève de nettoyer ma
buée oculaire post-nuptiale.

Une lèvre goûte cette tartine de
quotidien matinal

Une oreille vers les nouvelles de
ce monde fou

Un œil vers mon atelier de montage

Une main étale le beurre doré et
mou

Une narine s'éveille aux effluves
d'une journée sage

Bourrasques du pif

"Mais il nous emmerde, avec ses poèmes à la con. Il bosse jamais le jeune là ?!" 

 

Ben si, je bosse, mais c'est ma (votre, ceux qui lisent) pause prose dans ce monde de brutes…

Les bourrasques du pif, ou la ridicule comparaison entre le vent et le vin…

 

Le vent procure l'ivresse des cimes

Le vin parfois soulage l'abîme

Le premier court et vole sur les sommets

Le second coule et plaque sur le sommier

Souffle, bise ou mistral

Gifle, nectar automnal

Le vent provoque parfois des tempêtes

Le vin et son abus le mal de tête

Typhon de pinard, tornade de picrate

Zéph de gros bleu, qui tâche et gâche

Le vent et le vin des fois se ressemblent

Devant leur puissance, souvent les hommes tremblent.

 

Pffff… Le manque de pêche commence à se faire sentir cruellement !  A bientôt pour de nouvelles rimes maladroites ou décalées…

Petits poèmes écrits vite fait au boulot…

Aux landes piquantes de soleil

Le vent siffle son voyage

Merveilleux réveil vermeil

Charcutant le vif des âges

 

Aux rocs granitiques qui bravent

Et bavent l'écume qui les enserre

Les goélands lâchent leurs cris graves

Les nuages blancs honorent la mer

 

A l'enfant roi des océans

Sur les rivages du firmament

Les constellations sourient

Sur un fond d'encre de nuit

 

C'est rigolo comme quand on reprend un poème il en sort quelque chose de similaire et pourtant différent… :

Aux landes sifflantes fouettées d'embruns soufflants

Répondent les cris stridents des goélands

Des falaises serties d'oiseaux tout blancs

Sortent des échos rebondissants

 

Au sentier de vertes bruyères bordé

Le poète vagabond dédie son sonnet

Tandis le rêche cuir de ses souliers

Embrasse les tiges d'épée des piquants genêts

 

A l'issue de la quête champêtre

Purgé l'homme est de ses tracas

L'envol de l'âme nécessite des guêtres

Le voyage de l'esprit, des pas.

Renaissance… mon ouverture

             En ce matin blanchâtre du mois de
Mars, je ressentais un sentiment de bien-être, un bonheur calme, une joie sereine.
Ca avait du mal à éclater mais c'était bien là, chevillé au corps, vrillé au
cœur. Ca faisait tellement longtemps que je l'attendais, mon ouverture. Pendant
tout l'hiver j'avais monté des dizaines de mouches, imaginé leur dérive, leur
comportement sur l'eau et bien sûr leur disparition dans un remous, juste sur
la bordure, là, sous les branchages à l'aval du bloc de pierre qui émerge…
J'avais lu et relu mes magazines, acheté du matériel, bricolé un ingénieux
système d'attache pour mon épuisette, visionné des films… J'avais fantasmé sur
des rivières, des photos et des poissons prometteurs. J'avais lu et relu
« Pèlerinage sur la rivière Saulx » et « La vie selon Gus
Orviston », cherché vainement en librairie « Les pieds dans l'eau »…
Toute cette attente ne comblait pas mon impatience de retrouver la rivière
mais, au contraire, la catalysait. Rien ne peut remplacer la pêche, la rivière
et l'action, nom de nom ! Et là j'y étais, au bord de l'eau, pour le début
de ma saison de pêche. Ah quel bonheur, les amis, quel bonheur !

            Je retrouvais donc ce matin ma pêche
et la rivière, les poissons et les fleurs, les arbres et les oiseaux. La douce
ivresse du bord de l'eau, de la solitude, la bonne, celle qui vous fait chantonner et être
en harmonie avec vous-même, avec la Nature. Je marchais lentement sur le
sentier, humant l'air frais du matin, remplissant mes poumons de ces lambeaux
de brume diffuse. Je m'imprégnais de tout mon saoul des senteurs de la
campagne, cette odeur de bouse, ce parfum du vent qui nous rappelle à tous
l'enfance à la campagne, le grand-père sur la terrasse, l'insouciance du
lendemain et la liberté d'être heureux, tout simplement.

 

            Les premiers lancers ont été
délicieux… Retrouver ce geste si élégant, si pur, si délicat. Dérouiller
l'épaule, le coude, le poignet. Ah, ces bonheurs futiles mais ô combien
indispensables pour moi ! Redécouvrir le plaisir de manipuler ce si bel
objet qu'est ma canne à mouche, passer mes doigts lentement sur la poignée de
liège fin, accrocher une mouche d'oreille de lièvre (mes préférées) à la pointe
de nylon, sortir un peu de soie et expédier sa mouche dans cette veine d'eau si
prometteuse, commencer à fouetter, lancer son cœur sur l'onde de la plénitude
et son âme sur les vagues du plaisir… Je pêche à la mouche, je suis
heureux !

 

Le
premier gobage m'as un peu surpris, et j'ai ferré bien tard. C'est la reprise,
il faut se réapproprier les gestes, retrouver la concentration, l'attention de
tous les instants dès que la mouche est sur l'eau…  J'avais été un peu distrait par la cacophonie des merles, dont la
saison amoureuse bat son plein. Après avoir lancé, j'avais détourné le regard
un instant dans la direction de leurs bruyants ébats, et ma mouche avait
disparue à ce moment précis dans un gobage qui déjà mourait à la surface. Trop
tard ! Ce n'est pas grave, je vais me refaire. Il est tellement bon, ce
premier gobage.

 

            Je me souviendrais toujours du tout
premier gobage que j'ai eu, quand j'ai commencé à pêcher à la mouche. Mon
premier gobage, c'était un beau chevesne, sur un gros sedge en chevreuil acheté
dans l'échoppe de pêche de mon enfance… L'indication sur la petite boîte de
plastique ne laissait aucun doute : « spéciales chevesne », ces
mouches. Et c'est avec elles que j'ai pris mes premiers poissons. Et je suis
tombé irrémédiablement dans une passion dont je ne puis à présent me défaire,
si bien que je suis là, dans mon bureau, à écrire mes fantasmes de pêcheur à la
mouche au lieu de travailler !

 

            Le premier gobage, c'est comme la
première gorgée de bière, comme la première fois qu'on fait l'amour, comme le
premier accord de guitare, comme le premier jour des vacances d'été. C'est
comme le premier jour de sixième, comme la première respiration d'un nouveau-né
ou comme un mariage. Le premier gobage, c'est l'espoir d'en voir des milliers
d'autres, de pêcher sur les plus belles rivières, de leurrer les plus gros
poissons. Ca marque à vie, le premier gobage. C'est comme ça. Une trace
indélébile dans une vie de pêcheur, symbole d'une nouvelle approche de la
pêche, de la Nature et de la vie.

 

 

J'avais
donc raté mon premier gobage de la saison… Devais-je y voir un signe ? Non
non, ne nous laissons pas aller au pessimisme, quand même ! Dix minutes
plus tard, je remettais ma première truite de l'année à l'eau. Oh, elle n'était
pas bien grosse, mais elle m'a apporté un bonheur inversement proportionnel à
sa modeste taille. Tout en la mettant en garde contre les autres pêcheurs qui
ne sont pas tous aussi gentils que moi, les oiseaux d'eau piscivores, les
couleuvres et les autres dangers aériens ou aquatiques, je laissais glisser son
doux corps cuivré dans ma main, la laissant repartir dans son milieu, dans sa
cachette, dans son monde de truite.

 

 

 

 
 

Le
soleil au zénith réchauffait à présent les flancs boisés de nos bonnes vieilles
montagnes vosgiennes, sages gardiennes de ce territoire encore sauvage et
préservé. Je contemplais alors le réveil de la Nature. Le printemps l'avait
tirée du lit, aujourd'hui. Sous un frêne bourgeonné, deux mésanges se faisaient
la cour. La sève montait dans les troncs et s'éparpillaient dans les branches,
jusqu'à atteindre ces bourgeons qui ne demandaient qu'à s'ouvrir pour voir et
participer à la beauté du monde. Un rossignol lançait une trille quelque part,
les ombres s'agitaient dans les courants secondaires de la rivière, occupés
qu'ils étaient à se reproduire. Je les laissaient tranquilles et allais voir
derrière cette souche. Tiens, une belette qui s'enfuit dans les fourrés. Elle
doit aller chercher le repas de ses petits qui l'attendent en piaillant, au
chaud dans leur nid douillet. J'entendais aussi le bruit du coucou et observais
les pervenches et les jonquilles qui pointaient le bout de leurs pétales. Elles
s'ouvraient au monde, découvrant leurs frêles pistils dont les abeilles
allaient bientôt transporter le pollen qui les recouvrent, et ainsi pérenniser
leurs espèces. 

 

            Assis dans l'herbe encore humide, je
me repaissais de ce spectacle, et aussi d'un jambon du Dévoluy dont je coupais
des tranches délicieusement fines et salées avec mon fidèle opinel. J'avais
pour seule richesse mon matériel et un pique-nique de luxe. A grand moment,
grande bouffe ! Saucisson, pain de campagne, pâté de tête, et ce fameux
jambon, que ma maman m'avais gentiment envoyé la semaine dernière… le tout
arrosé d'une bonne bière brune, fraîche et pétillante, un peu amère, tellement
bonne !

 

 

En
parlant de bouffe, je pensais à un truc : ne trouvez-vous pas qu'une bonne
partie de pêche, c'est comme une bonne recette de cuisine ? Les
ingrédients doivent être sélectionnés avec soin, selon ce que l'on aime, selon
leurs saveurs, leurs goûts, leurs formes. Choisir une rivière pour y pêcher à
la mouche, c'est pareil. Le matériel utilisé doit être de bonne qualité, le
plus important étant qu'on l'aime et qu'on sache bien s'en servir. On sait
comment cuire des girolles ou des cèpes comme on sait approcher et pêcher telle
ou telle rivière. On sait manipuler le fouet, dans la cuisine comme sur les
berges… On soigne la préparation, on goûte, on a hâte de voir ce que ça va
donner. Mais ce qu'on adore, c'est la dégustation. On se délecte, on en
profite, on déguste, on apprécie le moment à sa juste valeur ! C'est un
mets de choix, une bonne partie de pêche.

 

            Donc, je me nourrissais de cet
excellent après midi sur les berges de la Moselle. La vallée était belle, et
j'avais pris trois petites truites. Un bel ombre, aussi, qui s'était jeté sur
ma mouche sèche en croupion de canard. Je l'ai très délicatement décroché, avec
le plus grand soin et sans le sortir de l'eau, et je lui ai rendu sa liberté
afin qu'il puisse se reproduire et nous donner une prolifique et saine
progéniture. J'avais profité du spectacle du printemps, du bal des oiseaux, de
la danse des fleurs et de la valse du soleil. J'ai esquissé un slow avec ma
rivière. J'avais plongé mes mains dans son eau froide et m'en étais imprégné le
visage. J'avais salué les vaches, les insectes et les poissons. J'ai pris mon
pied, et je me suis laissé tombé dans le tapis herbeux de la joie… Je dois
maintenant rentrer affronter l'inévitable réalité du quotidien… Mais je prends
ça avec bonheur, car je suis rené. Ah non, vous n'avez pas compris… Je ne
m'appelle pas René. Mais non, bien sûr, je ne piste pas non plus Mr Fallet,
qu'allez vous croire ? Non non, si je suis rené, ça veut dire que je suis
né à nouveau aujourd'hui. Ça veut dire que retourner à la pêche après ces longs
mois d'attente me fait renaître. Ça veut dire que je me suis rempli de vie et
d'espoir tel un nourrisson. Je veux être le fils de la rivière, le frère du
vent et l'ami du ciel. Et quand j'aurai un coup de blues, j'irai disperser par
mes lancers de soie les notes noires de la mélancolie au fil de l'eau
scintillante, avec pour compagnie ma famille Nature et l'espoir qu'un poisson
se lèvera…

           

 

A bientôt, les Vosges 

A très vite, mignonne Vologne…

L'ami Georges

        Si je vous parle de Georges
Brassens, à quoi pensez – vous ? Une moustache ? Une guitare ?
Une pipe en bois ? Une chanson très connue, genre « Les copains
d'abord », « L'auvergnat » ou « Les amoureux des bancs
publics » ?

Certes,
Brassens, malgré son côté bourru et carrément réac', c'était le bon copain pour
tout le monde. Celui dont on chante les chansons entre amis, au bord d'un feu,
ces chansons de notre enfance en colo, ces chansons que tout le monde connaît…
Quand je dis aux gens que j'adore Brassens, je vois que la plupart d'entre eux
ne connaissent pas son œuvre plus que les quelques chansons, certes sympa,
citées plus haut…

 

           Ici, j'ai envie de vous parler des
chansons de Brassens moins connues mais exceptionnelles d'un point de vue
musical et poétique.

Une
de mes préférées, vraiment, est « La princesse et le croque-note ».
C'est l'histoire d'une petite fille adoptée par des crasseux qui tombe
amoureuse d'un musicien… Ecoutez-là, c'est une œuvre splendide, musicalement
très fine, rythmée, dont les paroles sont formidablement bien écrites. Quelle
émotion !

    Georges
Brassens avait une plume géniale, et il n'hésitait pas à s'en servir pour
pondre des pamphlets très drôle ! Le plus connu est « Le
gorille », chanson contre l'institution judiciaire. Mais « Hécatombe »
est une de ses chansons les plus engagées. Sublime histoire de bagarre
« au marché de Brive-la-Gaillarde » dont les protagonistes féminines
se réconcilient lorsqu'il s'agit de « rosser les cognes »,
c'est-à-dire les gendarmes venus mettre fin au caillon. La fin de la chanson
est terriblement humiliante pour les représentants de la loi. Non seulement ils
se font effectivement rosser, mais Brassens nous affirme ceci dans le dernier
couplet :

 

« Jugeant
enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas »

 

        J'adore aussi « L'amandier ».
Sur un air entraînant mais terriblement difficile à chanter juste, il nous
raconte l'histoire d'une fille venue lui quémander ses amandes… Ah, Brassens et
les filles, c'est toute une histoire !

 

     J'aimerai aussi vous parler de
« La mauvaise herbe »… Cette chanson est du style de la
célébrissime « Mauvaise réputation ». Brassens y campe un
personnage un peu rejeté de la société et fier de l'être… La mauvaise herbe…
J'adore l'ambivalence du terme à notre époque ou tout est interdit et ou les
gens doivent suivre des chemins de bétons tout tracés…  Comprends qui
peut, comme dirait ce cinglé de Boby Lapointe !

 

      Savez-vous Georges Brassens a chanté
« La mauvaise réputation »  en
espagnol ? Elle s'appelle fort logiquement « La mala reputacion »
et est formidable de sonorités ibériques ! Olé !

 

        « L'orage » est
encore une histoire de fille et de tromperie (thème récurrent chez Brassens,
dans « Le cocu », notamment). Elle est si bien racontée et si
mélodieuse que je l'ai vite apprise par cœur.

    On
retrouve un autre thème qui revient souvent dans ses textes, c'est le milieu de
la prostitution. Dans « Le mauvais sujet repenti », il se mue
en génial mac pour abandonner ensuite sa « protégée » à cause d'un
« maladie honteuse ». Je vous laisse apprécier (ou pas) la dernière
phrase :

« Sitôt
privé' de ma tutell',
Ma pauvre amie
Courrut essuyer du bordel
Les infamies…
Paraît qu'ell' s' vend même à des flics,
Quell' décadence !
Y a plus d' moralité publiqu'
Dans notre France… »

 

       « Le bistrot »
parle du « gros bleu qui tache », c'est-à-dire le vieux vin miteux
qu'on boit dans des tavernes à son image… « Le vin » est une ode à
cette boisson dont Brassens apparemment raffolait, selon lui-même depuis sa
plus tendre enfance :

« On conte
que j'eus
La tétée au jus
D'octobre… »

 

        « Saturne » est une
magnifique chanson traitant de la longévité amoureuse (je crois que c'est la
seule qu'il ait faite sur ce thème). Comme toujours, la musique et les mots
s'allient parfaitement pour donner un caractère unique à la chanson… A l'image
du personnage.

 

        « La légende de la nonne »  est une formidable reprise d'un poème de
Victor Hugo. L'alliance de la qualité de la plume de ce dernier et du timbre de
voix de Mister Georges est bluffante.

 

         Que
dire de la chanson « Les trompettes de la renommée » ? Au
paroxysme de sa carrière, Brassens envoie cette chanson dans la tronche de ses
détracteurs. Quelle leçon d'humilité ! Les jeunes abrutis des émissions de
télé actuelles devraient en prendre de la graine…

 

         Allez,
une dernière : « Supplique pour être enterré à la plage de Sète ».
Poétiquement, je trouve que c'est une des plus belles ! Elle est
parfaitement rythmée. A la fin de cette dernière, Georges Brassens parle du
Panthéon… Lui qui ne voulait pas y enter et qui refusait qu'on le compare aux
plus grands poètes (Paul Valéry, dans cette chanson)… Eh bien moi je le hisse
personnellement à la première marche.

 

         Georges
Brassens, pour moi, n'a pas d'égal. Je me suis promis d'aller sur sa tombe, à
Sète (elle n'est pas sur la plage…), pour pleurer d'émotion devant l'immense
beauté de son œuvre… Et y laisser un petit poème qu'il trouverait sûrement
ringard… M'enfin, c'est Maxime Le Forestier qui a dit ça un jour, je
crois : « Celui que ne s'est jamais fait traité de petit con par
Georges ne devait pas être très proche de lui… » Puisse Brassens me
traiter de « petit con » de là-haut, s'il daigne apercevoir l'admiration
sans limites que je lui porte…

Nouvelle saison, nouveau poème…

Ma rivière, tu m'entends ?

Cela fait bien longtemps !

Et c'était difficile…

 

Aujourd'hui changement !

Les habitudes d'avant,

Vont devenir fragiles…

 

Tes petits habitants,

Dérangés par les gens,

Ne seront plus tranquilles.

 

Pendant tout le printemps,

Et puis l'été suivant

Il faudra être agile !

 

Pour déjouer à temps,

Les pièges que l'on vous tend,

Tout comme des imbéciles

 

Et gare à vos enfants !

Et gaffe au plastique blanc !

Pour les p'tis juvéniles !

 

Belle Moselle, maintenant

Coule tranquillement.

Les hirondelles habiles 

Font un nouveau printemps.

Une copine artiste !

J'aimerai vous faire part du travail d'une amie qui possède un talent certain pour le dessin, la peinture, l'illustration… C'est une artiste meusienne de Mogneville (sur la Saulx, certains connaissent…) Elle s'appelle Cécile et vous pouvez aller voir ses oeuvres ici : http://cecilearnicot.canalblog.com/ 

Elle se lance dans l'illustartion de livres pour enfants, un monde plein de belles histoires, un monde de rêves, d'apprentissage, de découvertes, d'amitiés et de bonheur… (J'ai bon Cécile ? ;o))

Voici une petite présentation de ses projets :

Le roi qui venait du froid

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L'échassée belle

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Cécile part en Afrique dans deux semaines rejoindre son copain, au Burkina Faso… Nul doute que ce cpntinent envoûtant l'inspire…

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Une autre histoire : la bulle et le monde

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Merci Cécile de nous faire voyager à travers tes illustrations ! Bon courage pour tout, bon voyage en Afrique et à très bientôt…